Accueil du site > Espace presse > Une caisse de congés payés qui secoue le bâtiment
Une caisse de congés payés qui secoue le bâtiment
lundi 21 mars 2011, par
Une caisse de congés payés qui secoue le bâtiment
Article dans la Nouvelle République daté du 17 mars 2011.
17/03/2011
Derrière l’assignation d’une SARL niortaise, le fonctionnement d’une caisse qui perçoit les congés payés avant de les verser aux salariés.

- M e François-Xavier Morisset, défenseur de la SCA, et François Maillot, secrétaire du Collectif contre les caisses de congés payés du BTP. (Photo La Nouvelle République)
Depuis 1937, un an après la création des congés payés, les entreprises du bâtiment versent le montant des congés payés de leurs salariés non pas à ces derniers mais à des caisses qui redistribuent ensuite les droits. Si le monde du travail a évolué, avec notamment la création des CDI en 1970 et la disparition des tâcherons qui passaient d’un chantier et d’une entreprise à d’autres, les caisses de congés payés du bâtiment ont perduré. Et se sont développées, à coups de valorisations boursières rendues possibles par des versements annuels de 6,4 milliards d’euros (*).
Une entreprise niortaise, la SARL Société de construction de l’Atlantique, fait partie de celles entrées en dissidence. Elle se trouvait assignée hier devant le tribunal de commerce par la caisse régionale de collecte à Nantes, représentée par M e Brandet. Devant le tribunal, présidé par Dominique Pluviaud, l’avocat a demandé l’application de la législation française et, en l’espèce, le versement de 16.707 € de cotisations et majorations.
Au nom de la PME niortaise, qui emploie cinq salariés, M e Morisset a mis en avant le droit supranational, en l’occurrence la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Cette convention établit le droit à la liberté d’association, dont l’une des variantes est la liberté de ne pas adhérer à une association.
Gérant de la SARL poursuivie, Jean-Dominique Pailler résume ainsi sa position : « Je veux payer moi-même les congés de mes salariés. D’autant plus que la caisse se paye sur mon dos et qu’elle m’impose de m’acquitter un an à l’avance. » Secrétaire du Collectif contre les caisses de congés payés du BTP - dont Jean-Dominique Pailler est l’un des cofondateurs -, le Limougeaud François Maillot a apporté son soutien en espérant « que le juge de droit commun soit celui des libertés et que cesse le racket ! » Jugement le 11 mai.
(*) 210.000 entreprises et 1.600.000 salariés sont concernés.
Daniel Dartigues
Adresse de l’article : http://www.lanouvellerepublique.fr/…
9 Messages de forum